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Silicon · 9 juin 2026

Souveraineté numérique : et si l'entreprise visait plutôt la résilience ?

Le terme « souveraineté numérique » est aujourd'hui employé aussi bien pour des politiques d'État que pour la stratégie cloud d'une entreprise. Le Cigref, qui représente les grandes entreprises et administrations françaises, estime que cette confusion sémantique pose problème et propose de la lever, dans un article relayé par Silicon.

Une compétence politique, pas une caractéristique d'entreprise

Le Cigref s'appuie sur l'histoire du droit constitutionnel français : la souveraineté y désigne un pouvoir suprême détenu par le peuple et exercé par ses représentants, conformément à l'article 3 de la Constitution — un héritage que l'on retrouve chez Rousseau, et avant lui chez Bodin. Une entreprise, structure de droit privé, ne dispose ni du mandat démocratique ni de la légitimité politique que suppose un tel statut. Qualifier de « souveraine » une infrastructure ou le choix d'un hébergeur revient, selon le Cigref, à emprunter sans le dire une acception anglo-saxonne du terme, plus floue que la définition continentale.

La résilience, un objectif à la portée des organisations

Le Cigref lui préfère un objectif atteignable par une organisation : la résilience numérique, que le règlement européen DORA définit comme la capacité à préserver le fonctionnement de ses systèmes face aux incidents et dans la durée. La répartition qu'il propose est simple : la définition d'une politique de souveraineté numérique revient à la puissance publique, tandis que les entreprises ont la main sur leur propre résilience — maîtrise des dépendances, continuité d'activité, sécurité des systèmes.

Un repère utile pour les TPE et PME

Cette distinction, même pensée pour de grandes organisations, offre un repère simple aux plus petites structures : plutôt que de viser une « souveraineté » hors de portée, l'enjeu réaliste est de savoir où se trouvent ses données, qui y a accès, et si l'entreprise resterait opérationnelle en cas d'incident ou de rupture avec un prestataire. C'est précisément ce que couvre l'axe « conformité & sécurité » de notre Audit Data : non pas un objectif géopolitique, mais une évaluation concrète des dépendances et des risques qui pèsent sur les données de l'entreprise.

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